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dimanche 28 août 2016

Survivalisme et Sécurité Civile

 Survivalisme et Sécurité Civile




Par suite d'une conversation intéressante avec un responsable de la Sécurité Civile pour le secteur Rive-Nord — qui regroupe 21 municipalités — j'ai réalisé à mon grand désarroi qu'à travers les années j'ai considérablement négligé de parler l'organisation de la Sécurité Civile. 

C'est un peu compréhensible puisque nous, survivalistes, nous nous préparons à ne PAS être assistés le cas échéant. De la à conclure qu'on n'a pas besoin de la Sécurité Civile, le pas est vite franchi et c'est une erreur.

Bien que j'aie toujours pensé du bien de la Sécurité Civile et reconnu son importance, même pour nous survivalistes, j'avoue ma négligence d'en traiter et je veux régler ça maintenant.

Qu'est-ce que la Sécurité Civile?


Citons le Ministère de la sécurité publique:

« La sécurité civile est l’ensemble des actions et des moyens mis en place à tous les niveaux de la société afin de connaître les risques, de prévenir les sinistres, d’en limiter les conséquences néfastes sur la population, les biens et l’environnement et de favoriser le retour à la vie normale. 
Au Québec, la sécurité civile repose sur un partage clair des responsabilités entre les citoyens, les entreprises, les municipalités et le gouvernement du Québec. »

Sa mission:

  • Assurer, de concert avec ses partenaires, la sécurité publique au Québec.

Ses rôles et responsabilités

  • Diminuer la vulnérabilité des Québécois face aux risques liés aux sinistres;
  • Contribuer, avec ses partenaires, à assurer la sécurité des personnes et des collectivités.

Quand on examine la mentalité qui préside à l'organisation de la Sécurité Civile, on remarque immédiatement le partage net des responsabilités entre les citoyens, les entreprises, les municipalités et le gouvernement du Québec.

Chacun des intervenants a des devoirs en matière de sécurité civile. En résumé:

  • Les citoyens doivent pouvoir prendre leur propre subsistance en charge dans les trois premiers jours d'une crise.
  • Les entreprises doivent avoir un plan d'urgence élaboré en fonction du degré de danger de leurs activités usuelles ainsi que prévoir comment assurer la continuité de leurs opérations dans un contexte de crise.
  • Les municipalités sont responsables quant à elles des secours et de la sécurité des personnes, de leur hébergement, de leur subsistance (eau et nourriture) et des mesures d'hygiène
  • Enfin, le gouvernement du Québec pourvoit aux ressources supplémentaires nécessaires en s'appuyant sur ses moyens régionaux voire nationaux quand les besoins s'en font sentir. Il peut demander assistance au gouvernement fédéral, notamment quand il est question de déploiement de soldats.
La Sécurité Civile coordonne les efforts mais ne dispense pas directement des services. Bien qu'elle dispose de stocks elle dépend notamment de fournisseurs et d'organisations énoncées plus haut (entreprises, municipalités et gouvernements) mais aussi d'organismes comme la Croix Rouge.

Trois jours de subsistance


Au Québec il est suggéré aux citoyens détenir des réserves alimentaires et aqueuses pour trois jours de subsistance. En Allemagne, c'est 10 jours et c'est obligatoire.

Trois jours, c'est peu. Si on se fie à l'expérience des grandes catastrophes, on réalise que ces trois jours sont vites passés et que le retour à la normale peut prendre des semaines, voire des années, comme à la Nouvelle Orléans à la suite de l'ouragan Katrina:

  • 1836 morts
  • 108 milliards de dollars de dommages
  • Discrédit de la police locale (1/3 des effectifs ont fait défection, tirs sur des civils désarmés non-menaçants)
  • Incapacité de la FEMA à intervenir efficacement et rapidement
  • Pillage des quartiers plus aisés
  • Chaos urbain
Des gens ont du se défendre avec leurs armes à feu contre des pilleurs qui cherchaient de l'eau et de la nourriture mais aussi des valeurs, des biens et des femmes à violer.

On réalise rapidement après étude de cette catastrophe que si tous les citoyens avaient eu trois jours d'autonomie en main, il est possible que les autorités (police d'État, armée, garde nationale) eussent pu intervenir plus rapidement car le chaos et la violence généralisée auraient été retardés de trois jours, donc les tâches de secours aux sinistrés auraient pu commencer immédiatement au lieu de sécuriser d'abord, secourir ensuite.

Mais cela n'aurait pas pour autant donné à manger et à boire pour tout le monde le quatrième jour tant les secours étaient désorganisés.

Prévoyance


Même si la Sécurité Civile prévoit organiser de l'aide pour tous en cas de catastrophe grave, il est possible que cette aide ne puisse pas être acheminée à temps ou en quantité suffisante.

La Sécurité Civile le sait car elle recommande aux citoyens de stocker pour trois jours de subsistance parce qu'il faut du temps avant de déployer des gens et des ressources.

Le responsable avec qui j'ai parlé a mentionné le nombre d'heures requises pour le déploiement d'estacades de retenue en cas de déversement pétrolier dans une rivière et ce n'est pas instantané, loin de là, malgré la meilleure volonté du monde.

Quand il s'agit d'assister 60,000 personnes, 120,000 personnes dont beaucoup sont âgées et malades, il vaut mieux compter sur nos réserves que sur l'assistance, même compétente et structurée comme celle de la Sécurité Civile du Québec.

Des réserves minimales

L'Allemagne montre le bon chemin avec ses dix jours de nourriture et cinq jours d'eau (quoique les deux litres par jour qu'elle préconise, c'est nettement insuffisant).

Pour les "normaux", c'est à dire les non-survivalistes, dix jours de nourriture, d'eau et de médicaments, ainsi que des moyens autonomes de faire cuire cette nourriture, apparait comme une durée raisonnable.

Quant aux survivalistes, si vous possédez moins que deux mois de réserves, sachant ce que vous savez et sensibilisés comme vous l'êtes, vous avez de sérieuses lacunes dans votre préparation...

Quoiqu'il en soit, il est de notre responsabilité de citoyen de constituer des réserves minimales telles que celles que la Sécurité Civile du Québec recommande de détenir. Ensuite on espère qu'elles suffiront pour les "normaux". Nous, les survivalistes, nous pourront tenir bien plus longtemps.

Le rôle indispensable d'une organisation gouvernementale comme la Sécurité Civile


Le discours libertarien, très à la mode dans le milieu survivaliste, base tout sur l'indépendance personnelle et refuse les interventions étatiques, voire l'État lui-même.

Cependant, quand on examine les besoins réels d'une population en crise, on ne peut pas compter sur le volontariat de nos "voisins" situés hors-zone sinistrée à 400, 500 km de chez soi. À un moment donné, il faut une coordination centralisée qui a la possibilité d'entrevoir la big picture, l'ensemble de la situation à partir de rapports nombreux provenant du "terrain" et qui aura la capacité d'élaborer et de déployer la meilleure stratégie dans l'intérêt de la collectivité. Cette organisation, elle existe dans tous les pays organisés.

Nous, comme individus, survivalistes ou "normaux", devons nous préparer et devons pouvoir le faire sans qu'on nous mette des bâtons dans les roues, notamment sur la question de la protection personnelle et familiale. Après tout, si l'État par la bouche de la Sécurité Civile nous demande de nous préparer à trois jours en pleine autonomie de subsistance et sans assistance aucune,  cela devrait aussi inclure la question de la sécurité.

Trois jours pour tous


Rappelons que si tous nos voisins sont minimalement préparés, disons pour trois jours d'autonomie, cela fait trois jours sans routes encombrées par des réfugiés qui évacuent, trois jours sans pauvres hères cherchant à manger et à boire, trois jours sans citoyens malades d'avoir bu une eau contaminée, trois jours sans pillards cherchant des maisons à piller et tombant sur des maisons occupées, trois jours sans agressions contre les personnes faites par des gens désinhibés par un chaos qui laisse croire que tout est permis, trois jours de déploiement facile pour les secouristes sans devoir prendre en charge de grandes masses de gens rencontrées sur leur chemin et les ralentissant.

Aussi, je suis fermement convaincu que tous les survivalistes devraient se faire les promoteurs des recommandations de la Sécurité Civile quant aux réserves à constituer. Comme elles viennent de l'État, elle ne sauraient être qualifiées de théories de la conspiration ou de croyances farfelues.

Le plus beau de l'histoire, c'est que dans quelques pays, c'est maintenant beaucoup plus facile de convaincre les gens. Les attaques terroristes en Belgique, en France et en Allemagne ont rendues les populations sensibles aux perturbations et elles sont maintenant capables d'envisager qu'il survienne d'autres perturbations qu'hier encore elles jugeaient farfelues ou improbables. Une plus grande part de la population croit maintenant possible que toute activité puisse s'arrêter quelques jours.

Je crois que les survivalistes européens devraient saisir cette opportunité pour prêcher la préparation minimale car eux aussi en tireront profit en terme de sécurité: un voisin qui n'a pas faim est un voisin qui ne cherche pas à vous piller. À tout le moins pendant les trois premiers jours.

Faites vous les promoteurs des trois jours autour de vous. Enseignez-leur à profiter des soldes pour acheter de l'eau en bouteille: une caisse de 12 x 1 litre remplacée à tous les six mois, c'est trois jours d'eau pour une personne. Neuf petites conserves, c'est 9 repas sommaires qui se conserveront des années, en plus de ce que les gens possèdent dans leur garde-manger pour compléter.

C'est vraiment peu quand on y pense mais cela fera toute la différence.




dimanche 21 août 2016

Bilan survivaliste de l'été 2016

Bilan survivaliste de l'été 2016


  • Brexit: un pétard mouillé avec une mèche qui fait long feu
  • Turquie coup d'état faux drapeau
  • Turquie: armes nucléaires US évacuées
  • Iran: la Russie attaque Daesh à partir de l'Iran et les chinois ne sont pas loin, nouvelle alliances

  • La Chine se départit davantage de la dette US, comme bien des pays (guerre de devises)

  • Malgré le silence des merdias, les "migrants" causent de plus en plus de troubles intérieurs, appuyés par des réseaux établis communautaires ou reliés à Soros

  • Des exogènes corses provoquent des enfants sur la plage, les agressent et les blessent avec des machettes et d'autres armes blanches.

  • Les Corses ripostent en incendiant les véhicules de ces exogènes.
  • Communautarisation des sociétés occidentales

  • Fin de l'obligation de parler anglais pour les chauffeurs de taxi de NYC (4% seulement sont nés aux USA)

  • Hack des courriels de Soros: le rôle subversif de ses organisations caritatives confirmé

  • Hillary Clinton: près de 200 jours sans conférence de presse, problèmes de santé qui font surface et qui sont impossibles à cacher.
  • Killary Clinton: trois personnes de plus, qui pouvaient nuire au clan Clinton, sont mortes de manière suspecte depuis un mois, pour un total dépassant les 80 personnes depuis les débuts de la vie publique des Clinton.

  • BLM: des revendications irréalistes, exagérées et surtout, formulées pour qu'elles soient rejetées (casus belli?)
  • Attaques contre des policiers, blancs de préférence. Par des noirs.

  • Milwaukee: Un policier noir qui tue un noir au casier judiciaire très lourd: émeutes des noirs et chasse aux blancs.

dimanche 14 août 2016

Couteau de survie pour survivaliste

Couteau de survie pour survivaliste



Cet article m'a été inspiré par une intervention d'un de mes abonnés sur ma page FB (que je salue au passage). J'ai flouté son avatar et son nom par soucis de confidentialité quoique FB et la confidentialité... Enfin.



Voici donc le fruit de mes réflexions et de mon expérience sur le "couteau de survie" et par extension, ce qu'un survivaliste sérieux devrait prendre en considération lors du choix d'un couteau.

Notez que l'abonné qui m'a inspiré ma réponse sur FB et ce billet connaissait très bien les qualités d'un bon couteau. Je me suis servi de son intervention pour commenter sur les "couteaux de survie" qui sont malheureusement achetés par des survivalistes débutants pressés de s'équiper.

Il est donc question ici de couteau fixe. Pas de hache, pas de multitool, de couteau pliant EDC. Plus précisément, on parle ici de couteau désigné généralement comme "couteau de survie", c'est à dire d'un couteau comme outil général, principal, servant tant à construire un abri de survie en forêt qu'à couper de la toile ou hacher de la viande de gibier fraîchement abattu.

Je vais donc parler dans un premier temps des qualités à rechercher et de défaut à fuir chez les « couteaux de survie » et en second lieu, des choix que j'ai fait.

Le couteau de survie: le premier achat important


Le « couteau de survie » est généralement le premier achat conséquent des gens qui décident un jour de devenir survivalistes. 

Le couteau est un des premiers objets essentiels dont on doit s'équiper. Ce ne sera probablement pas le plus utilisé avant l'arrivée d'une situation dégradée mais il sera indispensable à ce moment — et irremplaçable dans un contexte d'approvisionnements difficiles ou rompus.

L'ennui c'est que pour les gens qui n'ont aucune expérience avec cet outil —  je parle d'expérience quotidienne en tant qu'objet porté sur soi et utilisé en permanence, en ville comme en forêt — les choix qu'ils feront seront rarement heureux.

Ils opteront généralement pour le « couteau de survie » du marché et très publicisé avec multiples fonctions et plusieurs gadgets et le jour venu de s'en servir vraiment sérieusement, ils constateront quelle est l'erreur ou les multiples erreurs de ce choix.

Prenons un exemple typique.


Le Super-Duper-Rambo-Style-Survival-Knife!

Ce genre de couteau est très répandu dans les boutiques. Analysons-le un peu, pour le plaisir.

Il est décrit comme un couteau de style Rambo (déjà ça part mal) avec une lame en acier 440 et un logement pour le kit de survie dans la poignée, en acier comme pour la garde. L'étui est en "nylon tactical"

Apprenons à "lire" les couteaux



Le "nylon tactical" n'indique rien quant à la résistance de l'étui aux déchirures, aux coupures, à l'usure par abrasion, ni sur la qualité de la couture ni sur son mode de fixation (ceinture? bandes Molle?). Sauf que ça fait cool et sérieux.

Quant à la lame, beaucoup, beaucoup de questions. Et des réponses, malheureusement décevantes.

Acier 440? 440 quoi? 440A? 440B? 440C? généralement, quand on trouve "440" sans lettre, c'est du 440A, un acier qui ne gardera pas son tranchant très longtemps. Notez qu'on en fait aussi des bistouris mais les bistouris servent à couper quelques cm de tissus vivants et ils seront jetés après usage. Ici on parle de couper des tendons, de la peau épaisse (d'animal qu'on dépèce), des os, des branches, de la corde en nylon ou de la toile en canevas.

Donc du 440A pour un "couteau de survie", à proscrire. Cela disqualifie déjà ce couteau. Mais ce n'est pas tout car il trouve le moyen de se faire disqualifier de plusieurs autres façons. Un champion du monde!!!

Les dents de scie sur le dos de la lame sont une exécrable idée. Outre le fait que vous ne pourrez mettre qu'une pression fort limitée quand vous voudrez scier du bois parce l'autre côté de la lame coupe et que vous ne pourrez pas appuyer, ces dents de scie rendent ce couteau impropre à une fonction importante chez les couteaux à lame longue: celle de fendre du bois par impact sur le dos de la lame.

Le kit de survie dans la poignée. On continue dans le festival des mauvaises bonnes idées. Vous traversez un rapide et vous échappez votre couteau, vous perdez votre lame, votre mauvaise scie, vos allumettes que connement vous aurez toutes placées dans le manche, l'allume-feu qui va avec, la mini-boussole et Dieu sait quoi d'autre!

Un couteau est avant toutes choses un outil de coupe, pas un outil de transport.

Et ce manche creux répond automatiquement à une question plus critique que celle sur la qualité de l'acier utilisé pour fabriquer la lame.

La soie

Si le manche est creux, alors la lame n'a pas de soie et si elle n'a pas de soie, ce couteau est impropre à un usage survivaliste.

Qu'est-ce que la soie d'une lame?

C'est le prolongement de la lame dans le manche. Plus elle est longue et large, plus solide sera le couteau et plus il supportera des impacts violents.





Cela signifie que ce "couteau de survie" a une lame soudée sur le manche en seulement deux points de contacts puisque le manche est tubulaire. Autrement dit, pour couper une branche à grands coups, il est inutilisable car dangereux pour son utilisateur et les gens qui se trouveraient autour.

Pourquoi fabriquer des couteaux sans soie ou avec une soie partielle? Parce qu'ils reviennent à moins cher car ils utilisent moins d'acier propre à faire une lame. Le métal de la lame coûte cher, en particulier s'il subit un bon traitement thermique. Même l'acier d'une mauvaise lame coûte plus cher que l'acier qu'on utilisera pour faire le manche. Chaque sou économisé compte pour les experts de la mise en marché...

L'indice RC (Rockwell C)

Aucune mention de l'indice RC pour ce champion du monde. L'indice RC, c'est l'indice de dureté selon l'Échelle C de la Rockwell Corporation, un standard dans l'industrie. Plus le RC sera élevé, plus le couteau sera dur et plus il sera difficile à affuter mais en contrepartie plus il pourra trancher de la matière dure et conserver son tranchant bien plus longtemps.

En définitive, ce "couteau de survie" devrait être mis sur un présentoir pour décorer une pièce de manière virile mais surtout pas être considéré comme étant un outil fiable et durable pour un survivaliste. 

Un autre champion qui n'en a pas l'air au premier regard


Je me suis acheté un couteau il y a bien des années. Un couteau peu cher, pour usage en milieu contrôlé et pour la pratique de différentes techniques. Je m'en foutais donc qu'il brise ou pas.

Il s'agit du Gerber Winchester Large Bowie.



Vous avez pu le voir à l’œuvre dans ma vidéo sur le Biolite Stove.



Ce couteau a les apparences d'un bon couteau mais 1) sa lame est en acier inoxydable, donc facile à affuter et encore plus à perdre son tranchant; 2) contrairement à ce que nos yeux nous disent, sa lame n'est pas pleine soie.


Un astucieux habillage cache cette faiblesse majeure.

Si je frappais suffisamment fort ou suffisamment longtemps pour couper une branche, la lame se détacherait et s'envolerait. Il n'y aurait plus qu'à espérer que personne ne se trouvera sur son chemin car mauvais acier ou pas, cela pourrait être mortel...

Conséquemment, pour usage en milieu contrôlé, si vous voulez utiliser un couteau chez vous, pour vous faire la main à différentes techniques sans risquer de gâcher une lame très chère et de bonne qualité, cela peut convenir. Si vous deviez dépendre de ce couteau, ça la fout mal...

Qu'est-ce qu'un bon couteau pour les survivalistes? 

 

LA question...

Je ne suis pas un spécialiste des couteaux mais en revanche je suis un utilisateur quasi-quotidien quoique un peu négligent quant au maintien du fil de la lame. Je possède des couteaux de diverse qualité, de médiocre à excellente. Je me sers des médiocres en milieu contrôlé (i.e. chez moi, où je me fous qu'ils se brisent puisque j'ai tout à portée de main) et ceux d'excellente qualité je les amène avec moi en milieux non contrôlés (forêt, chasse, randonnée) parce qu'ils sont fiables et qu'ils feront le boulot pour lequel j'ai payé plus cher. 

Un bon couteau pour survivaliste aura cinq qualités propres, voire vitales:

  • PLEINE SOIE. Il aura une lame pleine soie s'il est destiné à un usage "violent" comme trancher des branches ou couper des os d'animaux ou encore si on prévoit lui appliquer une certaine pression. 
  • DOS PLAT. La lame sera tranchante ou partiellement crantée d'un côté mais surtout: son dos sera plat. Une lame tranchante d'un côté et dentelée de l'autre, ça fait un mauvais couteau et une mauvaise scie et ça empêche de s'en servir pour fendre du bois, produire des lamelles ou l'enfoncer comme un coin.
  • BON ACIER. La lame sera elle-même faite d'un acier de bonne qualité et à haute teneur en carbone avec un bon indice RC. L'inox ne rouille pas mais tient moins son tranchant et la lame est généralement moins dure; il est donc à proscrire et à ne considérer que pour les couteaux de plongée sous-marine.
  • BONNE PRISE. Il permettra une bonne prise en main en fonction de votre force musculaire et surtout de la taille de vos mains. Le confort est très important.
  • ENTRETIEN RÉALISABLE PAR L'USAGER. Finalement vous devrez pouvoir réaliser vous-même son entretien. En effet, certaines lames ont un indice RC si élevé ou un angle de lame si particulier qu'il est quasi impossible de les affuter vous-même sans un équipement spécialisé et une certaine expertise.

Comme vous le constatez, cet énoncé des cinq critères vitaux ne vous oriente pas automatiquement vers un type de couteau en particulier, encore moins vers une marque ou un modèle spécifiques. Ce sont des qualités universelles d'un bon couteau, rien de plus, rien de moins.

La forme de la lame, sa longueur, son poids, une lame crantée partiellement ou pas, une garde proéminente ou pas du tout, les aspects esthétiques,  tout cela relève de la préférence personnelle et de l'usage qu'on prévoit en faire.  On peut rajouter plein de critères selon nos besoins spécifiques mais en substance, si on n'a pas ces cinq bases essentielles, le reste des attributs ne compensera pas l'absence d'une des bases.

Comment j'approche les couteaux


En fait, en terme d'approche fonctionnelle durable, je préconise plutôt deux couteaux (plus un couteau EDC) plutôt qu'un seul car cela permet de couvrir tous les besoins usuels et même des besoins spécialisés. Attention: posséder trois couteaux ne signifie pas porter trois couteaux sur soi de manière permanente.

Le plus souvent, on ne portera que le couteau EDC mais quand on prévoit certaines activités on optera pour deux de plus. Il y aura donc le couteau pliant « EDC », le couteau « agile » et le couteau « lourd »

  • Un couteau pliant à lame en bon acier, qu'on porte toujours sur soi, résistant aux chocs, pour usage polyvalent. C'est mon couteau « EDC ».
  • Un couteau à lame fixe en bon acier, relativement courte et plus mince avec une pointe fine, pour du travail de précision. La soie pleine est préférable mais une soie partielle ou traversante suffit car ce couteau ne sera pas violenté. C'est mon « couteau agile ».
  • Un couteau maousse à lame fixe très longue et très épaisse, impérativement pleine soie, d'excellent acier, pour de gros travaux y compris son utilisation comme petite machette, ou pour des coupes de branches ou pour fendre du bois par impact sur le dos de la lame. C'est mon couteau  « lourd ».

Si vous optez pour une approche à trois couteaux quand vous partez en randonnée ou à la chasse, vous serez en mesure de faire face à un maximum de situations. Le couteau lourd fera le gros boulot, le couteau agile fera le boulot fin, et le couteau EDC, hé bé, c'est un couteau EDC donc on le porte toujours sur soi.

Pourquoi deux plus un EDC?

Parce que j'aime les couteaux longs et si les couteaux longs permettent des usages de plus, ils empêchent certains autres usages. L'ajout d'un couteau agile permet de couvrir un maximum de situations et de cas.

Le couteau universel

Il faut être conscient d'une chose: le couteau universel n'existe pas. Ni celui qui plaira à chacun.

Mon approche à deux couteaux + EDC semblera à certains inutile car un seul bon couteau suffit à leurs yeux, le leur, et tous ceux qui ne possèdent pas un couteau comme le leur sont des cons. Vous voyez ce que je veux dire. Je vous fait donc part de mes observations et non de règles universelles qui n'existent pas.

Ceci étant dit, si votre budget, vos convictions ou vos idées vous disent qu'un seul couteau, outre votre lame EDC, devra faire tout le boulot, c'est très bien, c'est vous qui connaissez vos besoins. Assurez vous seulement qu'il rencontre les cinq critères vitaux que j'ai énoncés plus haut.

Mes choix

Mon couteau pliant « EDC »


J'ai commencé à porter des couteaux à mon adolescence, avec de petits couteaux pliants, de qualités variables et généralement très basse. J'en ai eu à une lame, à deux lames, des couteaux suisses, des minuscules, des gros, etc. 


Avec les années, j'ai changé constamment vers des couteaux pliants à lame verrouillable, en meilleur acier, plus longs et à lame plus épaisse, pour culminer avec mon Cold Steel Voyager XL clip point, très long, lame très large et très épaisse pour un couteau de poche et utilisable même en impact.


Un petit mot: tout le monde n'a pas les mêmes préférences. Moi, je voulais pouvoir ouvrir des boites de carton, couper des lacets de botte, fixer mon couteau pliant au bout d'une branche pour pouvoir m'en servir comme lance de chasse (lance qui ne se lance pas, ce qu'on lance, c'est un javelot, juste pour préciser), ouvrir une conserve métallique avec sa lame, me défendre au besoin, m'en servir comme mini-machette, fendre du bois par impact, le glisser dans les interstices des portes d'ascenseur afin de les déverrouiller en cas de panne, tout en ayant une poignée recourbée qui favorise une meilleure prise en main et une meilleure rétention lors des mouvements rapide.

Le mot clé de mon choix est polyvalence. Une longue, large et épaisse lame signifie en revanche une perte de finesse dans la manipulation, cela il faut le savoir.  Ce couteau pliant est de bonne qualité, c'est du Cold Steel après tout, donc pas de mou dans le mécanisme, pas de mou dans son verrouillage, et grande résistance aux chocs.

La lame du Voyager XL de Cold Steel est faite en acier CTS-BD1, qui se situe dans la même catégorie que le AUS-8 mais dans les niveaux supérieurs. Cette lame est très résistante et on peut l'affuter pour qu'elle coupe comme un rasoir.

Le mécanisme de verrouillage de la lame est sans mou et sans faille, même si on le violente comme je le fais parfois. Ça fait un beau clic bien net et plus rien ne bouge.

Sa poignée recourbée favorise la prise en main et permet même d'augmenter la portée utile du couteau à l'aide d'une prise partielle.

Je le porte presque toujours sur moi, sauf quand les lieux que je compte fréquenter ou le contexte ne s'y prêtent pas. Je m'en sers à tous les jours. Tous les jours.

Oui, je sais, vous voulez savoir où je l'ai acheté et combien j'ai payé. À l'époque c'était chez Amazon que j'avais trouvé le meilleur prix et la garantie Amazon est très bien faite de surcroît. Voici:

Si le Voyager XL vous semble trop gros, il se décline aussi en formats large et medium.

Le couteau universel n'existe pas et celui-ci n'est pas le meilleur toutes catégorie: il est juste celui qui répond à mes besoins.Voyez les capacités du Voyager XL dans la vidéo ci-dessous.

Mon « couteau agile »


Vous le verrez plus bas, mon couteau principal est maousse. Il me fallait donc un couteau plus petit qui me permette de faire le travail de finesse, celui qui demande de la précision et de la délicatesse tout en étant fiable.

J'ai donc opté il y a bien des années pour le Morakniv Companion. Il vient en version acier inox ou carbone.

Ce couteau, extrêmement léger, coupe comme un rasoir et est peu volumineux. Sa pointe est assez fine et comme la lame n'a que quatre po. (10 cm) de long, elle convient parfaitement pour dépecer et vider du gibier.

Notez que la soie de la lame est partielle comme en fait foi la photo ci-bas et se rend jusqu'à environ les trois-quarts du manche. Ce n'est donc pas un couteau à utiliser avec force ou en impact. De toutes manières son faible poids le rendrait particulièrement inefficace dans ces rôles. Pour le reste, y compris le rasage du matin en rase(!)-campagne, il excelle.

J'ai aussi des doutes sur la durabilité de la poignée avec les années.



La prise en main est superbe grâce au revêtement du manche, de petit format, il faut le mentionner. Ceux qui auraient de trop grandes mains pourraient être embarrassés.

C'est un couteau "technologique", vous n'aurez pas le feeling d'un couteau ancien mais il fera de l'excellent boulot, durablement.

En terme de rapport qualité-prix pour un couteau de ce genre, vous ne trouverez jamais mieux.

Je l'avais payé autour de 25$ à l'époque mais vous pouvez le trouver maintenant pour environ 21$ (12,50 euros en France)

Information d'achat:

Mon couteau « lourd »


En fait j'en ai deux. J'avais acheté un Ontario Knife Bowie SP10 Raider parce que, outre les qualités intrinsèques de cette marque et de cet outil (acier fabriqué et traité aux USA, couteaux faits aux USA), j'aime particulièrement les bowies et j'aimais le galbe de cette lame. Celui-là était destiné à m'accompagner à la chasse mais je l'envisageais aussi comme "couteau de combat".

Mais voilà. Récemment, j'ai organisé une rencontre de survivalistes sur la Rive Nord de Montréal et un des participants qui est aussi abonné à mon Facebook m'a offert, en son nom ainsi qu'au nom de sa famille, un magnifique cadeau afin de me remercier et de manifester leur reconnaissance pour ce que mon travail leur a apporté: il s'agit d'un Ontario Knife RTAK-II. :o

Inutile de dire que j'étais estomaqué quand je l'ai déballé. Je profite de ce billet pour l'en remercier encore une fois et pour lui dire que c'est une excellente pièce, au point de détrôner mon Bowie dans mes randonnées en forêt et à la chasse.

Le Ontario Knife RTAK-II 

 



Il s'agit d'un couteau très long (17 po / 43,2 cm) avec une lame en acier/alliage 5160 pleine soie, d'une épaisseur de 3/16e de po (4,7 mm) et une poignée de micarta soigneusement arrondie aux angles, ce qui le rend extrêmement confortable. La poignée est massive, ce que j'aime. Certains préfèreront une poignée plus fine, dès lors le RTAK-II n'est pas pour eux.

L'acier 5160 retient mieux son tranchant que le 1060 et a un indice de dureté Rockwell de 58-60, ce qui est excellent pour un outil avec lequel on peut frapper.

Son fourreau en nylon est compatible Molle.

Il est bien balancé — ce qui est normal pour un couteau de cette qualité — et on voit à la qualité de finition qu'il a été fabriqué dans un atelier où on a la préoccupation de faire de belles et bonnes choses. Ontario Knife fabrique tout aux USA, rappelons-le.

Plutôt lourd (1 lb 6,5 oz / env. 650 g.), il est destiné à de la grosse ouvrage et peut très bien servir comme machette courte.

Ce couteau se prête mieux que mon bowie aux activités de plein air et de chasse et il fait maintenant partie de mon kit standard de sortie en forêt, pour la randonnée ou la chasse. Je l'ai fixé sur mon sac 24h, grâce aux fixations Molle intégrées à son fourreau de nylon.

Information d'achat:

Le Ontario Knife Bowie SP10 Marine Raider Knife

 



Les bowies sont les couteaux emblématiques des USA. À mi-chemin entre le couteau utilitaire des pionniers et le couteau de combat, celui-ci s'est imposé à partir XIXe siècle sur le territoire US.

Personnellement, j'aime la forme du bowie, en particulier la lame du SP10 qui offre de plus un beau galbe, créant un sentiment de robustesse et de puissance. Il est fait d'acier 1095, plutôt facile à affuter mais néanmoins très dur (RC 58). Inutile de préciser que la lame est pleine soie.

D'une longueur de 15 po (38,1) cm et d'un poids de 1 lb 6,4 oz (env. 650 g.), c'est un poids lourd.

Son fourreau est de cuir d'un côté et de nylon de l'autre, par contre il est fait pour être porté à la ceinture et le fourreau n'est pas compatible Molle. C'est un point négatif à mon avis mais je dois reconnaître que le fourreau est bien conçu et qu'on peut le fixer à la cuisse.

Il convient parfaitement comme « couteau de combat » bien qu'il puisse jouer excellemment le rôle de couteau lourd tout-usage.

Je l'avais payé en rabais 99,99$ il y a quelques mois mais au moment d'écrire (août 2016), il y a un rabais encore plus intéressant, profitez-en car c'est une aubaine, un couteau de cette dimension et de cette qualité pour si peu.

Information d'achat:

Je n'ai pas trouvé de lien vers des commerçants français envers lesquels j'ai une confiance éprouvée par la pratique. Vous devrez faire vos propres recherches, je suis désolé de ne pas pouvoir vous faciliter la tâche..

En définitive

Peu importe le ou les couteaux que vous choisirez, il y a cinq grandes lignes à observer:
  • PLEINE SOIE
  • DOS PLAT
  • BON ACIER
  • BONNE PRISE
  • ENTRETIEN RÉALISABLE PAR L'USAGER

Pour le reste, tout est ouvert: couteau unique ou plusieurs couteaux spécialisés, couteaux ethniques (koukri, parang, bowie, etc.) ou conventionnels, la seule chose qui compte est de posséder un couteau qui ne vous laissera pas tomber au moment où vous en aurez le plus besoin.